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Pourquoi est-ce si difficile de faire simple dans les projets digitaux ?

Tout le monde veut des expériences simples en digital : des interfaces épurées, des parcours fluides, des outils intuitifs mais combien de projets y parviennent vraiment ?

La complexité des projets rassure

Dans un projet digital, faire compliqué est souvent plus rassurant pour les collaborateurs, pour les directions ou pour les chiffres. La surcharge fonctionnelle est devenue la norme. On empile les fonctionnalités, les slides, les sprints, les réunions.

La complexité est devenu un signal de sérieux pourtant, plus on ajoute, plus on disperse et plus l’utilisateur se perd. Résultat : des outils trop bavards, des sites qui peinent à dire l’essentiel et des parcours qui s’étirent jusqu’à perdre leur sens.

Piège courant

Le numérique amplifie ce que l’organisation lui permet pour le meilleur ou pour le pire. L’immatérialité des données et des outils numériques offre un faux sentiment de liberté et d’aisance : elle masque les erreurs, permet les bricolages individuels et retarde la prise de conscience des dysfonctionnements qui ne sont nullement liés au digital.

Prenons l’exemple d’un éco-système IT, on y retrouve des fichiers multiples, des informations qui se croisent, se perdent ou se chevauchent, souvent sans que personne ne s’en inquiète vraiment. Pourtant, si l’on transpose ces mêmes comportements dans un environnement tangible, comme un magasin ou un atelier, le résultat serait immédiatement visible et difficilement acceptable. Un directeur ne tolérerait pas qu’un produit soit placé trois fois au mauvais endroit, qu’un rayon soit laissé vide ou que des étiquettes contradictoires circulent entre employés. Le numérique masque par le volume qu’il permet la désorganisation plus qu’il ne la crée. 

Simplifier, un acte stratégique sous-estimé

Dans les projets numériques, la simplicité est souvent vécue comme une perte : moins de fonctionnalités, moins de pages, moins de “ça aussi, on pourrait le faire”. C’est pourtant une forme d’exigence qui demande de hiérarchiser, de couper, de reformuler, de tester, d’écouter.

Simplifier en numérique n’est pas une perte, c’est un acte de design stratégique. Accepter que tout ne sera pas fait mais que ce qui reste sera cohérent, clair et durable. Faire simple en numérique, c’est avoir le courage du clairement utile. C’est dire : “voilà ce qui compte, le reste est superflu.” C’est assumer qu’un bon parcours, ce n’est pas celui qui en fait beaucoup mais celui qui guide bien.

Aujourd’hui faire simple en numérique, c’est aussi résister. Résister à la tentation de tout intégrer, au culte de la nouveauté à tout prix (telle que l’IA), à la complexité qui fatigue les utilisateurs. Parce qu’au fond, le vrai progrès digital qu’est-il ? Ce n’est pas de faire plus mais de faire mieux. A l’ère où le numérique devient tentaculaire, faire simple devient un acte de résistance.

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